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Commune Libre de la ville haute de Provins

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L’église Saint Ayoul
Avant l’an 1000, au pied de la Ville-haute de Provins, petit bourg prospère, les vallées de la Voulzie et du Durteint formaient un vaste marécage où s’élevait une chapelle dédiée à Saint Médard, siège d’une cure. Miraculeusement, en 996, on découvrit les reliques de Saint Ayoul (lui-même protecteur des reliques de Saint Benoît), que des moines fuyant les Normands au siècle précédent avaient cachées là. Légende ancienne ou légende fabriquée afin d’attirer des pélerins ? le doute est permis… Le premier texte officiel est une charte de 1048 signée de Thibault 1er : La chapelle Saint Médard est devenue Saint Ayoul et Thibault demande au roi que des moines bénédictins en assure le culte. Des religieux arrivèrent de Montier-la-Celle, sous la conduite du prieur Robert (qui fondera plus tard le monastère de Citeaux), côtoyant la cure existante. Une construction neuve fut commencée, de celle-ci subsistent uniquement le transept et la tour-lanterne.


Ce prieuré enrichit par les droits sur les foires prospérait : un bourg se développa autour des bâtiments du couvent dont la construction s’acheva en présence du Comte Etienne-Henri (1077-1102). Abélard persécuté s’y réfugiera en 1122.
Fait rare, par une charte de 1153, Henri-le-Libéral octroya aux religieux de Saint Ayoul, tous les droits de grande et petite justice (forfaits, amendes etc…) durant les 7 premiers jours de foire et les partagea par moitié pendant le reste du temps de la foire : C’est-à-dire que chaque année du 14 au 21 Septembre, dans une salle du couvent, le prieur rendait la justice civile et criminelle au nom de l’Eglise Saint Ayoul.
Pendant ces 7 jours tout changeait, les marchés aux légumes, volailles et poissons avaient lieu sur la Place Saint Ayoul, les rues étaient nettoyées avec soin, une police sévère contrôlait les balances, poids et mesures, et les religieux faisaient visiter les prisons…


Vers 1157, un incendie ravagea cet opulent monastère, on sauva les livres et les reliques uniquement. Ces reliques furent utilisées afin de quêter pour la réfection des bâtiments.
Les moines disposent d’un édifice réparé et orné d’un somptueux portail, 2 ans après le sinistre. Au XIII° siècle, on s’endettera même pour reconstruire la nef, et bâtir un chœur démesuré pour accueillir les Bénédictins. Depuis l’origine, dans ces bâtiments, les services des religieux et des paroissiens se heurtaient régulièrement.
Aux XIV° et XV° siècles, aucune construction, l’endettement et les guerres conduisirent le roi de France Henri à qulalifier les moines de « povres religieux de Saint Ayoul », dans une charte de 1423 où il ordonne la réparation d’un petit moulin à eau, pour les « sortir de la misère où ils sont tombés ».
C’est au début du XVI° siècle que le chœur fut remplacé par la grande abside qui existe encore. En 1533, le clocher et le cloître furent rebâtis à neuf. Alors que des querelles subsistaient toujours entre les Bénédictins et les paroissiens (les moines réclamaient l’autorité du monastère sur la cure), à cette époque, les religieux décidèrent de laisser la nef et le cimetière aux curés de la paroisse, se retranchant dans le transept et les dépendances derrière un mur bâti au milieu de l’église par les paroissiens.
Peu après cette cession, les voûtes de la nef et du collatéral nord s’effondrèrent. Les paroissiens économes supprimèrent les fenêtres hautes et remplacèrent les voûtes d’ogives par un berceau de bois et doublèrent la surface du collatéral nord. Les travaux seront achevés vers 1581, l’aspect que connaît alors l’église sera le même jusqu’aux inventaires de la Révolution.


En 1761, les religieux ne sont plus que 3. Dès 1792, la partie occupée par les Bénédictins fut vendue par lots à des particuliers : l’abside abrita des chevaux, le chœur servit de bûcher, le cimetière fut morcelé en petits jardins.
En 1826, l’Etat rachèta le tout pour joindre ces bâtiments à la caserne, un régiment de cavalerie s’y installa 2 ans plus tard : l’ancien couvent servira à entreposer le fourrage. La nef fut rétablie en paroisse, suite à la demande du Conseil municipal de Thermidor an 12, qui réclamait la restauration de ses trois paroisses : Saint QuiriaceSainte Croix et Saint Ayoul, seules les statues de la façade souffrirent d’un violent martelage.
Enfin, en 1892, le berceau de bois du XVI° siècle est démolli et des voûtes d’ogives de briques et de plâtre de remplacent.

 


Rares vestiges du Moyen-âge, les trois portails subsistant semblent sortir du même atelier, entre 1157 et 1167. L’art du XIII° siécle semble naître à Saint Ayoul, de simples lignes dessinent les yeux et les cheveux. Les vêtements des grandes statues n‘épousent pas les corps qu’ils recouvrent, on n’ a pas le soucis d’accorder l’art avec la réalité, tout est simplifié.
Les idées de décors somptueusement sculptés dont regorgent les portails de Chartres ou Bourges se sont résorbées. Les statues-colonnes du portail central ont fait le vide autour d’elles et sont dépouillées de tout ce qui n’est pas essentiel alors que les anges des voussures ont déjà des gestes humains.
De nombreux détails laissent penser que les statues-colonnes n’ont pas été sculptées sur place.
Un manque de liaison évident existe entre les sculptures des portails et les parties architecturales qui leurs servent de fond, les matériaux provenant de lieux différents : pierre de Provins pour le gros œuvre et calcaire d’origine lutétienne pour les sculptures. Depuis 1986, ce portail roman, martelé à la Révolution, est orné d’un décor contemporain fait de statues de bronze signé du sculpteur Jeanclos.

D'après: Provins: les monuments religieux / Marquise de Maillé; Chartres: Jacques Laget: Librairie des arts et métiers, 1975.